Le RN et le renversement des alliances Parties 3 et 4

Le RN et la Russie de Poutine (3/8)

Poutine, héros national et identitaire

Poutine n’a de cesse d’opposer la morale chrétienne au déclin de l’Occident : « Aujourd’hui dans de nombreux pays les normes de la morale et des mœurs sont réexaminées, les traditions nationales sont effacées, ainsi que les distinctions entre les nations et les cultures. La société ne réclame plus uniquement la reconnaissance directe du droit de chacun à la liberté de conscience, des opinions politiques et de la vie privée, mais la reconnaissance obligatoire de l’équivalence, quelque étrange que cela puisse paraître, du bien et du mal, qui sont opposés dans leur essence » (Adresse au Conseil de la fédération, 12 décembre 2013).

« Contre le relativisme, le déclin culturel, l’invasion d’internet, le politiquement correct, l’amnésie, le masochisme démocratique, la faiblesse face aux minorités, Vladimir Poutine promeut une éducation morale fondée sur les valeurs chrétiennes, la culture classique et livresque, le patriotisme, le militarisme et le respect de la hiérarchie. Selon lui, au fond, l’Europe est entrée en décadence, tandis que la Russie se situe dans une phase ascendante de son histoire. Il s’appuie sur le schéma pseudo-scientifique d’un Constantin Leontiev, dont il arrive à Vladimir Poutine de citer l’un des concepts les plus célèbres, celui de « complexité florissante ». Selon le philosophe russe, ardent anti-européen et anti-bourgeois, toute civilisation, après une époque de simplicité originelle, connaît son apogée dans une ère de complexité florissante, avant de s’étioler en une époque de simplification et de confusion »[1].

Et de promouvoir la Grande Russie. « Le rêve de M. Poutine est en effet moins de reconstituer l’Union soviétique (…), que la « Sainte-Russie » impériale et orthodoxe. (…) M. Poutine considère de son devoir de ramener sous pavillon de la Russie les populations qui en partagent la langue, la culture, la religion. S’agissant de l’Ukraine, c’est un autre raisonnement qui est fait par le chef du Kremlin. Le territoire qui est, selon lui, entre les mains de la clique néo-nazie de Kiev, n’est pas une nation. Elle ne saurait donc prétendre à aucune indépendance ou souveraineté. La « petite Russie » reste aux yeux de M. Poutine une province russe »[2].

De façon générale, le RN partage « l’analyse » de Poutine sur le déclin et la faillite morale de l’Occident. Le Russie représente l’exemple d’une révolution conservatrice à la fois intérieurement (une société hiérarchique et autoritaire) et extérieurement (un monde multipolaire d’Etats identitaires).

Dans ce cadre, Vladimir Poutine apparaît pour le RN comme un héros national et identitaire, qui est vu comme celui qui a su mettre en place un régime d’ordre et de puissance. Peu importe que son ennemi soit l’Occident (et notamment l’Europe)…

Voici quelques captures de vidéos d’interviews de Marine Le Pen, qui ne laissent aucun doute sur son admiration[3] :

L’alliance avec la Russie

Une constante

La recherche d’une alliance avec la Russie est une constante des positions du FN, puis du RN, selon des modalités qui ont varié.

La tentation de « l’alliance russe » est une vieille histoire pour l’extrême droite :

  • Les liens étaient forts dans les années 1920 et 1930 entre les groupes d’extrême droite et les Russes blancs[4].
  • Toute une parte de l’extrême droite européenne a montré des faiblesses vis-à-vis des thèses d’Alexandre Douguine – longtemps en cours auprès de Poutine -et des « nationaux bolcheviques » sur la constitution d’un bloc Europe – Russie. Certes ces thèses, reprises par un certain nombre de personnalités de l’extrême droite(Jean Thiriart, Christian Bouchet, Alain Soral[5], Alain de Benoist[6]…), ont connu différentes variantes : la variante Eurasie avec l’Asie, la variante européenne contre l’Asie, la variante défense de la blanchité… On trouve – on trouvait surtout – parmi les conseillers de Marine Le Pen des partisans de l’Eurasie ou de la blanchité : Emmanuel Leroy, Aymeric Chauprade par exemple. Marine Le Pen, lors des présidentielles de 2012, défend « une union paneuropéenne des Etats souverains incluant la Russie et la Suisse ».

On pourrait ajouter que « l’alliance orthodoxe » a toujours – en tout cas jusque récemment – eu des partisans au sein de l’armée française, comme en témoigne l’affaire d’espionnage en faveur de la Serbie en pleine guerre de l’OTAN en Yougoslavie, en 1998, de la part d’un officier supérieur de l’armée française[7].

Le FN, puis le RN, ont multiplié, après la chute de l’URSS, les contacts avec la Russie.

En 2005, Jean-Marie Le Pen, en visite à Moscou et accueilli à la Douma par le parti d’extrême droite Rodina, évoque une « Europe boréale », ce qui sera le prétexte pour son exclusion du RN par sa fille, qui a pourtant multiplié les déclarations en faveur d’une Europe « de Brest à Vladivostok ».

Marine Le Pen, en 2012, comme on l’a déjà mentionné, souhaitait « une union paneuropéenne des Etats souverains incluant la Russie et la Suisse », le programme de 2017 reprenant cette proposition en y ajoutant une « proposition faite à l’Allemagne de s’associer pour former une alliance trilatérale Paris-Berlin-Moscou »[8]. La même année, dans son ouvrage « Pour que vive la France », « elle conçoit un mondialisme forgeant un homme postmoderne déraciné, et propose en remède de construire un espace des patries ‘’de l’Atlantique à l’Oural’’ »[9] : « S’appuyer sur la Russie aujourd’hui, c’est créer le véritable espace européen de l’Atlantique à l’Oural, l’Europe des patries poursuivant leurs intérêts nationaux et associées dans une communauté de civilisations, bien éloignée du modèle communautariste ultra libéral américain vers lequel l’Union Européenne nous conduit »[10].

Le programme du RN de 2015 – un an après l’annexion de la Crimée – propose « une alliance stratégique poussée avec Moscou fondée sur un partenariat ».

En 2017, le 24 mars, Marine Le Pen est reçue par Vladimir Poutine au Kremlin en pleine campagne présidentielle française. Elle déclare à cette occasion : « Nous ne croyons pas dans une diplomatie de menaces, de sanctions ou dans une diplomatie de chantage que l’Union européenne, malheureusement, applique de plus en plus contre la Fédération de Russie et contre ses propres membres ». 

Voici ce qu’affirme le programme du RN pour les présidentielles de 2022, dans sa brochure sur la défense qui a opportunément disparue de la version en ligne sur le site du RN (alors que les autres brochures sont disponibles) : « Sans crainte des sanctions américaines, il sera recherché une alliance avec la Russie sur certains sujets de fond ». Est notamment citée « la sécurité européenne », qui « ne peut exister sans elle, la lutte contre le terrorisme qu’elle a assurée avec plus de constance que toute autre puissance, la convergence dans le traitement des grands dossiers régionaux impactant la France (Méditerranée orientale, Afrique du Nord & centrale, Golfe/Proche-Orient et Asie notamment) ». Pour ceux qui doutent, nous tenons à leur disposition la brochure en question, que nous avons retrouvée.

Il est vrai que cette proposition ne figure plus dans le programme du RN pour les européennes de 2024. L’agression de la Russie contre l’Ukraine est passée par là…Mais ce dernier préconise, on l’a vu, de substituer à l’UE « une Alliance européenne des nations, une organisation de coopération au service des peuples, respectueuse de la démocratie et des souverainetés nationales ».

En 2023, les eurodéputés RN avaient également refusé de condamner les conditions de détention d’Alexeï Navalny, mort en 2024 dans les geôles de Vladimir Poutine en Sibérie.

Jordan Bardella semble même prendre ses distances avec la Russie, qui devient un allié encombrant – ce qui suggère une différence d’appréciation avec Marine Le Pen. Le 10 mars 2025, il déclare à France Inter : « La Russie est évidemment une menace aujourd’hui multidimensionnelle pour la France et pour les intérêts européens ». Il déclare à l’Opinion le 18 février 2026 : «Le réel est venu frapper à nos portes et il est clair que le Vladimir Poutine d’il y a cinq ans n’est pas celui qui, cinq ans plus tard, décide d’envahir l’Ukraine et de commettre des crimes de guerre à Odessa ou à Marioupol (…) Le soutien moral, politique et matériel à l’Ukraine relève pour moi de l’évidence. (..…) On ne peut pas être patriote et souverainiste et être insensible à la violation de la souveraineté d’un Etat européen (…) Il y a entre la France et la Russie une guerre d’intérêt et une guerre d’influence qui s’étend jusqu’à l’Afrique ». L’opportunisme n’a pas de limite. Cet apparent revirement n’empêche par le RN de bloquer le prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine et de continuer à affirmer que la Crimée fait partie de la Russie…

Les prêts russes et hongrois

Le RN et son fondateur ont bénéficié en 2014 de deux prêts russes à hauteur totale de 11 millions d’euros pour financer leurs campagnes[11]. Ces emprunts se sont accompagnés d’un alignement du parti sur les positions du Kremlin et de versements aux structures du négociateur du prêt en échange de positions pro-Poutine au Parlement européen.

Ces prêts ont connu bien des vicissitudes :la Frist Czech Russian Bank a fait faillite, la créance envers le Front national (devenu Rassemblement national) a transité d’abord vers une société de locations de voitures, avant d’être rachetée par Aviazaptchast, une société russe d’aviation, dirigée par d’anciens militaires russes, qui a une activité duale (civile et militaire) et se trouve sur la liste des sociétés sanctionnées par les États-Unis.

Mais ce n’est pas tout. En 2014, le microparti de Jean-Marie Le Pen, qui alimente les campagnes du Front national, décroche lui aussi un prêt russe, de 2 millions d’euros. Puis, en juin 2016, Marine Le Pen signe à nouveau un projet de prêt russe de 3 millions d’euros – qui n’aura pas de suite, la Strategy Bank ayant perdu sa licence. Le parti sera finalement sauvé grâce à un autre prêt obscur : 8 millions d’euros d’un homme d’affaires français, Laurent Foucher, lié aux autorités russes par de mystérieux accords, ce prêt transitant par une banque émirati[12].

En 2023, le Rassemblement national (RN) a annoncé le « remboursement anticipé » des prêts russes, avec « 60 mois » d’avance. Les bons résultats électoraux du RN – et les aides publiques afférentes – lui ont permis de ne plus avoir besoin, semble-t-il, de prêts de banques étrangères.

En 2022, dans le cadre de la campagne présidentielle, le RN a pu obtenir un emprunt de 10,6 millions d’euros d’une banque hongroise, la Magyar Bankholding (MBH), pour financer sa campagne présidentielle. La même banque, a accordé en 2023 un prêt de 9,2 millions d’euros au parti d’extrême droite espagnol Vox en 2024[13]. Comme par hasard, en juillet de la même année, Vox a annoncé quitter le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) au Parlement européen, dirigé par la Première ministre italienne Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia), pour rejoindre les Patriotes pour l’Europe (PfE), aux côtés du Fidesz. Nous ne savons pas si le RN, à la date d’aujourd’hui, a remboursé sa dette.

Le soutien à l’annexion de la Crimée et le refus d’aider l’Ukraine

L’annexion de la Crimée par la Russie

Le 1er février 2017, interrogée par une journaliste de CNN sur ses liens avec la Russie, Marine Le Pen affirme : « Mais il n’y a pas eu d’invasion de la Crimée, il faut arrêter ! (…) La Crimée a toujours été russe. Elle a été donnée à l’Ukraine il n’y a pas très longtemps par les Soviétiques. Mais la population se sent russe ». Quand on voit la réaction du peuple ukrainien à l’invasion russe, il y a de quoi sourire…

Quelques mois plus tard, Marine Le Pen fait le voyage à Moscou et rencontre Poutine :

Mikhail Klimentyev-Sputnik-AFP

En 2018, Thierry Mariani, ancien ministre de Sarkozy, rejoint le RN. Il anime une association qu’il a créée, Dialogue franco-russe. En 2019, il est en 3ème position sur la liste du RN pour les européennes ; en plein campagne électorale, Poutine organise une réunion en Crimée à laquelle participent Marion Maréchal et Thierry Mariani. Ce dernier n’est pas un marginal au sein du RN : il était la tête de liste du RN à Paris pour les élections municipales de 2026.

En 2022, après l’invasion de l’Ukraine et lors de la campagne pour les présidentielles, le RN fait pilonner le tract de campagne où la photo ci-dessus figurait[14] :

En 2023, lors de son audition par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les ingérences étrangères en politique, Marine Le Pen a maintenu sa position selon laquelle la Crimée serait russe. « La Crimée a été russe pendant deux siècles, elle a été ukrainienne 60 ans, donnée par un dictateur sur un coup de tête, un caprice»[15]. Elle refuse d’établir un lien entre des positions proches de celles du Kremlin et les prêts accordés à son parti par une banque russe.

Le refus de l’aide à l’Ukraine

En janvier et février 2022, Marine Le Pen se déclare persuadée – comme d’autres – que la Russie n’attaquera pas l’Ukraine, comme l’affirment les Etats-Unis. Lors de l’agression de la Russie contre l’Ukraine, dès le 21 février, elle publie un communiqué condamnant l’invasion russe : « La décision de Vladimir Poutine est un acte éminemment regrettable qui ne participe pas à la nécessaire désescalade des tensions que j’appelle de mes vœux depuis le début de la crise. Néanmoins, tout doit être fait pour retrouver la voie du dialogue afin d’assurer la paix en Europe. Désormais, la solution passe probablement par l’organisation d’une conférence réunissant les Etats-Unis, la Russie, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni ainsi que la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie, états frontaliers de l’Ukraine[16]. Cette conférence aurait pour objectif  de négocier une solution sur la base de l’accord de Minsk, accord dans lequel la France avait joué un rôle déterminant et dont l’application assurerait la paix »[17].

Pour sa part, Eric Zemmour n’hésite à déclarer : « l’Ukraine n’existe pas »[18].

Mais Marine Le Pen va rapidement recadrer sa propre position. Le 12 mars lors d’un déplacement à Dunkerque, elle déclare : « Les belligérants, ce sont les Ukrainiens et les Russes. Il faut, pour trouver une solution diplomatique à la guerre, que les Russes et les Ukrainiens soient d’accord. ». Et d’évoquer les conditions posées par la Russie, à savoir que l’Ukraine n’entre pas dans l’OTAN, qu’elle reconnaisse le rattachement de la Crimée et accepte un accord sur les régions du Donbass. 

Le 25 mars, à Saint-Martin-Lacaussade (Gironde), elle condamne les sanctions européennes au nom du pouvoir d’achat :  « Ce sont les mêmes dirigeants, qui, hier, sacrifiaient nos agriculteurs sur l’autel du libre-échange, qui aujourd’hui les achèvent au nom d’une efficacité supposée de ces sanctions », en refusant « d’imposer aux campagnes françaises les conditions de vie des Russes ». De son côté, Thierry Mariani endosse la position russe ; le 28 mars, il estime que tout a « commencé par un coup d’Etat en 2014 soutenu par les USA et l’Union européenne ».

Le RN défend très vite la politique du « soutien sans aide ». Le 17 juillet 2024, il publie un communiqué qui explique qu’il faut soutenir l’Ukraine, mais sans l’aider : « Le RN, par la voix de Jordan Bardella et Marine Le Pen, a toujours défendu une ligne de soutien claire et efficiente à l’Ukraine, victime d’une guerre d’agression illégale et injustifiée menée par la Russie. Cette dernière, en violant impunément la souveraineté territoriale de l’Ukraine, menace l’ordre international ainsi que la paix du monde, tout en constituant une menace multidimensionnelle contre les intérêts de la France. Cependant, ce constat ne doit pas occulter le déséquilibre des propositions formulées et instrumentalisées par la majorité PPE-Renew-Socialistes au Parlement européen :

  • L’obligation pour chaque État membre de consacrer 0.25% de son PIB par an, soit 7 milliards d’euros pour la France, au soutien militaire à l’Ukraine. De tels montants apparaissent déraisonnables dans le contexte budgétaire français actuel ;
  • L’intégration accélérée de l’Ukraine au sein de l’UE, au mépris des réalités économiques et du risque d’effondrement de la Politique Agricole Commune telle que nos agriculteurs en bénéficient aujourd’hui ;
  • La levée les interdictions de livrer du matériel de guerre permettant de cibler directement le sol russe, alimentant de fait le risque d’escalade »[19].

Voici un petit relevé de quelques votes du RN au Parlement européen et à l’Assemblée nationale française :

  • Durant la législature 2019-2024 du Parlement européen, le RN a voté trois fois contre des résolutions d’aide à l’Ukraine et se sont abstenus deux fois. 
  • 16 février 2022 au Parlement européen, quelques jours avant l’agression russe, le RN s’abstient sur un prêt de 1,2 milliard d’euros à l’Ukraine, dans un « contexte d’accroissement de l’incertitude géopolitique empêchant Kiev d’accéder aux marchés internationaux des capitaux » et « destinée à favoriser la stabilité dans ce pays ».
  • Le 21 novembre au Parlement européen, le RN vote contre une résolution qualifiant la Russie d « État promoteur du terrorisme » en Ukraine.
  • Le 1er décembre 2022 à l’Assemblée nationale, le RN s’abstient lors du vote sur une résolution condamnant « le crime d’agression » de la Russie envers l’Ukraine.
  • 12 mars 2024 à l’Assemblée nationale , lors d’un vote sur l’accord bilatéral de sécurité entre la France et l’Ukraine, le RN s’abstient, car, tout en étant « favorable au soutien à l’Ukraine », il « ne souhaite pas entrer en guerre précisément avec la Russie », déclare alors Jordan Bardella.
  • En juillet 2024 au Parlement européen, le RN vote contre une résolution sur l’aide à l’Ukraine (cf. communiqué ci-dessus).
  • En octobre 2024 au Parlement européen, lors du vote sur le prêt de 35 milliards d’euros financé par le gel des avoirs russes, les élus du RN s’abstiennent. Thierry Mariani (RN, groupe PfE) et Sarah Knafo (Reconquête, groupe ENS) sont les deux seuls eurodéputés français à avoir voté contre le texte.
  • 12 mars 2025 à l’Assemblée nationale : le RN vote contre une résolution de soutien à l’Ukraine, parce qu’on y trouve une phrase qui défend l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.
  • 11 février 2026 : le RN, et la grande majorité du groupe Les Patriotes pour l’Europe, vote contre le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine au Parlement européen.

Le 25 novembre 2025, après l’annonce d’un plan de paix très favorable à la Russie et présenté par les Américains suite à des pourparlers avec les Ukrainiens à Genève, Marine Le Pen publie puis supprime, sur le réseau X, un message par lequel elle se félicitait prématurément du « silence des armes tant attendu »« Il faut saluer l’engagement constant du président Donald Trump, qui n’a eu de cesse de rechercher une issue à ce conflit meurtrier, il faut s’incliner devant le courage et l’abnégation du président Zelensky qui pendant quatre ans a porté la résistance de son pays face à une guerre d’agression et qui a pris aujourd’hui l’une des décisions les plus difficiles pour un chef d’Etat, accepter un plan de paix dont certains des termes sont contestés, mais qui a le mérite de mettre fin aux destructions, aux privations et aux souffrances de toute une nation ».

Le 15 avril 2026 sur France 2, Jordan Bardella renouvelle son désaccord sur le prêt de 90 milliards d’euros à l ’Ukraine et avance que cela couterait 18 milliards aux contribuables français. Or cela est un mensonge, un de plus. Ce prêt est une ligne de crédit levée sur les marchés par l’UE, et non une ponction dans le budget européen et donc, pour une part, dans la contribution de la France. De plus ce sont les intérêts (plusieurs milliards d’euros par an) générés par les actifs de la Banque centrale de Russie gelés en Europe qui vont rembourser le prêt, que l’Ukraine serrait bien incapable de payer. Et donc, en définitive, c’est la Russie qui paye. On comprend que cela déplaise à Jordan Bardella…

Le RN et l’Union Européenne (4/8)

Les évolutions de la position du RN sur l’UE cachent mal la constance d’un objectif, qui est celui d’opposer à l’UE une alliance européenne des peuples et, de facto, de sortir de l’UE.

L’alliance européenne des peuples contre l’UE

Le RN a toujours opposé à l’Union Européenne une alliance des peuples, une Europe des patries ou une alliance des nations. La diversité des termes employés (nations, patries, peuples) est significative : le RN considère qu’un peuple (au sens ethnique ou « d’origine ») est au fondement de la patrie et de la nation, contrairement à la conception républicaine de celle-ci, qui repose sur une adhésion volontaire de citoyens, quelle que soit leur origine.

Le 18 septembre 2016, Marine Le Pen déclare lors d’un discours aux Estivales de Fréjus : « L’utopie d’un pouvoir mondial annonce la destruction de la diversité des nations et des peuples, c’est une déclaration de guerre contre la liberté politique, c’est-à-dire la condition humaine, et c’est la première menace pour la paix mondiale. (…) L’Histoire s’est remise en marche, l’insurrection des différences bat son plein, et le monde ne se réduit pas  à son utilité, n’en déplaise à tous les marchands et à tous ceux qui veulent le réduire à un casino financier ! (…) Oui au multiculturalisme au niveau de la planète, non au multiculturalisme dans un seul pays. (…) Je proposerai aux Nations Unies de compléter et d’accomplir les droits de l’homme, qui sont les droits de l’individu, en ajoutant à la Déclaration universelle les dispositions qui assurent les droits des sociétés humaines. Droit à la sécurité environnementale, droit à l’intégrité de leurs institutions, de leurs lois, de leurs gouvernements, droit à décider de l’emploi de leurs ressources, droit de fixer les règles sociales et fiscales applicables sur leur territoire, droit à leur intégrité morale et culturelle. (…) Le moment est venu de remettre la France, libre, égale et souveraine , parmi les autres nations, elles-mêmes libres, égales et souveraines »[20].

Autrement dit, chacun chez soi, si les talibans en Afghanistan maltraitent les femmes et les obligent à se voiler, c’et leur culture et leur liberté. Le RN est un adepte du multiculturalisme (mais de l’uni-culturalisme dans un seul pays) et de l’ethno-différentialisme.

Le 24 février 2017, dans le cadre de la campagne des élections présidentielles, et plus précisément de la « 2ème conférence présidentielle », Marine Le Pen revêt les oripeaux du wokisme : « Le respect des réalités du monde, c’est voir le monde tel qu’il est dans sa diversité et ne pas voir le monde avec le prisme d’un occidentalo-centrisme qui n’est plus de mise. Les peuples ont une identité, ils ont une histoire, ils ont une culture, et ils poursuivent leurs intérêts nationaux, tels qu’ils les comprennent à un moment, dans une situation donnés. (…) Plus encore, une analyse mesurée de l’histoire démontre la constance de l’âme des peuples. (…) Ceux qui croient que la marchandisation du monde viendrait à bout des particularismes, dans le grand mouvement de nivellement culturel programmé, ignorent tout simplement l’âme des peuples. (…) La vision politique que je défends pour mon pays est celle de la persistance d’une nation uni-culturelle c’est-à-dire une nation unie par sa culture quelle que soit l’origine de ceux qui la composent. Ce droit à sa propre culture que je réclame pour la France, ce droit que je reconnais à tous les peuples me conduit à défendre une conception multiculturelle du monde, une reconnaissance de la diversité culturelle des hommes ». Et d’évoquer la « submersion de son territoire », autre façon de nommer le grand remplacement. Et de se démarquer du colonialisme : « Nous romprons avec la diplomatie moralisatrice qui procède d’une nostalgie coloniale qui ne nous habite pas ». « Le désarmement intellectuel et moral diffusé par des élites dénationalisées est notre pire ennemi ».

Marine Le Pen en tire les conséquences pour l’Europe, « L’Union européenne prétend en finir avec les Etats Nations. Elle se prétend en avance ; elle est au dehors, elle s’est mise en congé du monde, elle s’est arrêtée quelque part dans les années 1990. (…) Je me réjouis de la renaissance des peuples européens, contre l’Union, pour l’Europe ! (…) Pour que vive l’Europe, il faut en finir avec cette construction artificielle qui a pris pour nom ‘’l’Union européenne’’. Il faut en finir avec ce monstre bureaucratique tel qu’il est, pour en faire émerger et triompher de nouvelles relations de coopération et de co-construction entre Nations indépendantes. (…) Voilà pourquoi la première mission que je confierai au gouvernement de la France sera de remettre à plat les traités européens et d’engager résolument la France dans la construction d’une Europe des Nations libres ». Et, si jamais on n’avait pas bien compris :« la France doit prendre une initiative de sécurité commune avec les Etats-Unis et la Russie, dans un esprit de bonnes relations, de voisinage stratégique et de coopération franche. (…) La France doit œuvrer à arrimer la Russie au continent européen, parce que c’est dans l’ordre du monde, mais surtout parce qu’il y va de l’intérêt des pays d’Europe ». La fin de l’euro est présentée comme une fatalité[21] : « La Grande-Bretagne du Brexit nous donne l’exemple de la liberté politique. Face à l’effondrement désormais inévitable d’une Union européenne contestée de toute part, face à l’éclatement programmé de la zone euro par le départ prochain inévitable au moins de l’Italie, la France a les moyens d’anticiper et d’agir, elle n’est pas condamnée à subir. (…) La France doit redécouvrir le monde, la France doit renouer avec le seul véritable universalisme qui est celui du patriotisme, des singularités nationales, et de la liberté politique ».

En 2023, lors du lancement de la campagne pour les élections européennes, Marine Le Pen lance une « déclaration des droits des peuples et des nations », qui doit servir de base à une proposition de loi constitutionnelle[22] Il y est affirmé que « le droit international, les règles édictées par les organisations internationales et les décisions des juridictions internationales ne peuvent, (…) ni contrevenir au principe de la légitimité des décisions des États acquises dans leur propre cadre constitutionnel, ni dénier aux États le droit de défendre leurs intérêts vitaux ».

Dans le programme du RN pour les européennes 2024, le RN préconise « une Alliance européenne des nations, une organisation de coopération au service des peuples, respectueuse de la démocratie et des souverainetés nationales ». Ce qui ne l’empêche pas de proclamer : «Nous voulons une réforme de l’UE de l’intérieur».

On retrouve cette approche de l’Europe dans le plan pour un « Great Reset » présenté en mars 2025 par le Mathias Corvinus Collegium (MCC), organisme d’influence de Viktor Orban et la Heritage Fundation américaine (cf. ci-dessous).

Les propositions du RN en politique étrangère ne sont pas des propositions opportunistes, variant en fonction des circonstances. Elles montrent au contraire une grande constance et reposent sur une conception organique et ethnoraciale de la nation.

Les formations d’extrême droite sont divisés en 3 groupes au sein du Parlement européen Les partis et mouvements d’extrême droite européens n’ont jamais réussi à se mettre d’accord pour siéger dans le même groupe parlementaire, malgré plusieurs tentatives. Il est difficile de discerner des différences idéologiques entre  es groupes. Mais l’attitude favorable à Moscou du Fidesz et du RN se heurte à l’hostilité viscérale d’autres mouvements, notamment le PiS polonais, à l’encontre de Poutine. En miroir, on peut déceler une attitude plus favorable à Trump du côté du groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), où on retrouve le PiS et Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni. Le RN siège dans le groupe des Patriotes pour l’Europe, présidé par Jordan Bardella : avec 86 eurodéputés, il constitue la troisième force politique du Parlement. Avec 30 eurodéputés, le RN est la principale délégation du groupe. En deuxième position, on retrouve 11 élus hongrois, dont 10 du Fidesz, le parti de l’ex- Premier ministre Viktor Orbán, 9 eurodéputés tchèques, dont 7 issus du mouvement ANO. Le groupe comprend également 3 ex-Reconquête ! (dont Marion Maréchal).Le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE), constitué en 2009, qui est la quatrième force du Parlement avec 79 eurodéputés issus de 18 Etats membres ; Fratelli d’Italia FDI, parti de Giorgia Meloni en constitue le noyau dur avec 24 élus, suivis par les ultraconservateurs polonais du parti Droit et justice (PiS) avec 20 élus. Viennent ensuite 6 Roumains issus de différents partis, les nationalistes flamands de l’Alliance néoflamande (N-VA), le Parti démocratique civique de la République tchèque, les Démocrates de Suède et les Lettons de « Pour la patrie et la liberté/LNNK » avec3 sièges chacun.Le groupe L’Europe des nations souveraines (ENS), qui compte 27 eurodéputés. Avec 15 eurodéputés, l’AfD est la composante la plus importante. Derrière, on retrouve deux formations avec 3 eurodéputés : les Polonais de la Confédération et les Bulgares de Renaissance. Le parti République slovaque compte 2 représentants. Les 4 autres délégations ne comptent qu’un représentant : le Mouvement Notre Parti hongrois, le parti tchèque Liberté et démocratie directe, l’Union du peuple et de la justice de Lituanie. La France est quant à elle représentée par Sarah Knafo, de Reconquête !

Le RN a-t-il changé de position sur l’Europe ?

Oui, si l’on considère qu’il a renoncé au Frexit et à la sorte de l’Euro, optant pour une « réforme » de l’UE « de l’intérieur ». Non, si l’on considère le contenu des transformations qu’il préconise, incomptables avec les fondements de la construction européenne.

En 2014, lors des élections européennes, le RN agite les slogans « Non à l’Europe, oui à la France ! » et « L’Europe fait mal ! ». Les élections présidentielles de 2017 voient une première évolution, Marine Le Pen abandonnant le Frexit, mais suggérant une sortie de la zone euro, tout en maintenant une référence à une monnaie commune, l’écu, dispositif manifestement irréaliste er fumeux. Lors du débat de l’entre 2 tours, la candidate se montrera ins capable de défendre sa polsition face à Emmanuel Macron.

AFP 2014

En 2022, le RN renonce à la sortie de la zone euro, au profit d’une transformation « de l’intérieur ». EN 2024, lors des élections européennes, le programme du RN s’intitule « La France revient, l’Europe revit ! ».

Si l’on se penche sur le contenu de cette transformation, on peut s’interroger sur la compatibilité avec les fondements de l’UE :

  • Le RN entend inscrire dans  la Constitution française le principe de la supériorité de la loi nationale sur les traités et engagements internationaux[23], cette disposition figurant dans le référendum sur l’immigration envisagé par le RN. Il entend également interdire aux citoyens et personnes morales d’invoquer les traités devant les tribunaux. Inutile de dire que cela revient à sortir la France de nombreux traités, de la Convention de Genève sur les réfugiés à la Convention européenne des droits de l’homme. Et que cette disposition est contraire aux traités européens.
  • Dans le programme pour les européennes de 2024, le RN propose de transformer la Commission en un Secrétariat généraldu Conseil[24] sans pouvoir décisionnaire ni initiative législative, de garantir le droit de veto des États, d’instaurer une double frontière, française et européenne, de restreindre la libre-circulation de l’Espace Schengen aux seuls ressortissants des pays membres, de baisser de 30 à 40% la facture d’électricité en rétablissant un prix français de l’électricité, d’utoriser la priorité nationale[25] dans les marchés publics pour défendre nos emplois et l’environnement, de redonner aux États le pouvoir exclusif de proposer de nouvelles normes, de promouvoir au niveau européen la Déclaration des Droits des peuples et des nations[26], de rendre aux Français leur argent en baissant la facture européenne[27]
  • Le même programme cite Marine Le Pen : « Contre la volonté de Macron et de ses alliés de transformer l’Europe en un État centralisé européen, nous voulons que la France reste une grande nation : puissante, indépendante et souveraine. L’Europe ne doit pas se substituer aux États mais au contraire faciliter leurs coopérations pour développer ensemble des projets concrets. Conformément à la vision de l’Europe du Général de Gaulle, le RN veut créer une Alliance européenne des nations  pour rendre aux peuples leur souveraineté ».

Le RN continue donc à préconiser une Alliance européenne des nations (avec la Russie ?) en lieu et place de l’UE. En outre, comment la France pourrait-elle rester dans l’UE avec de telles exigences ? De 2 choses l’une : soit les propositions du RN aboutissent à une sortie de l’UE (après un conflit avec les institutions de l’UE), soit ces propositions ne sont que du vent (et le RN sait qu’il ne pourra pas les mettre en œuvre).

En outre, la promesse du RN de réserver la priorité de l’emploi, des aides sociales et des logements sociaux aux seuls Français ne remettrait pas seulement en cause les grands principes du pacte républicain, elle est aussi incompatible avec les traités européens qui organisent la libre circulation des personnes et l’accès aux emplois dans tous les pays membres.

Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen, est très clair : « C’est absurde, si vous affirmez la supériorité du droit national sur le droit européen, vous n’avez plus de droit européen ! Marine Le Pen a renoncé à une sortie officielle de l’Europe, mais son programme est tout simplement incompatible avec le maintien de la France dans l’Union ».

Les détournements d’argent du RN au Parlement européen Si le RN est critique vis-à-vis de l’UE, cela ne l’empêche pas de bénéficier de ses financements, au prix de manœuvres frauduleuses. Comme on le sait, le RN est au cœur d’un vaste scandale financier impliquant des détournements de fonds publics européens. En mars 2025, Marine Le Pen et plusieurs cadres du parti ont été condamnés en première instance pour avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un « système » de détournement de fonds publics. Ce système consistait à rémunérer des cadres du RN avec l’argent destiné aux assistants parlementaires européens, causant un préjudice économique aux dépens du Parlement européen, estimé à 4,5 millions d’euros. Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu Marine Le Pen coupable d’être « au cœur » de ce dispositif, la condamnant à quatre ans de prison, dont deux ferme, et cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate. Le RN, en tant que personne morale, a également été condamné, ainsi que 24 autres prévenus, dont des eurodéputés, des assistants parlementaires et le responsable des finances du mouvement à cette époque. Le procès en appel s’est tenu du 13 janvier au 12 février 2026, et la décision est attendue pour l’été 2026. Vraisemblablement Marine Le Pen ne pourra pas se présenter aux élections présidentielles, pour des raisons de calendrier, même si la Cour d’Appel renonce à l’exécution immédiate. En attendant, le Parlement européen a réclamé plus de 3,5 millions d’euros de dommages et intérêts au RN, somme que le mouvement a dû verser immédiatement. Moins connue est une autre affaire : le RN et ses alliés européens se trouvent impliqués dans un nouveau scandale. Le groupe parlementaire Identité et Démocratie (ID), dont le RN faisait partie entre 2019 et 2024, est accusé d’avoir « indûment dépensé » plus de 4,3 millions d’euros de crédits de fonctionnement du Parlement européen. Selon un rapport confidentiel révélé par Le Monde, ces dépenses irrégulières incluent des appels d’offres non conformes, des surfacturations et des dons à des associations, en violation des règles européennes. Le Parquet européen a ouvert une enquête en juillet 2025, confirmant les soupçons de détournements et de mise en place d’un système illégal pour financer des activités partisanes. Jordan Bardella, actuel président du RN, a dénoncé une « opération de harcèlement », mais les preuves s’accumulent, notamment des transferts de fonds vers des sociétés proches du parti.

[1] La doctrine Poutine Entretien de Florent Guénard avec Michel Eltchaninoff, La Vie des Idées, 2015, https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20150303_poutine.pdf

[2] Michel Fize, Vladimir Poutine, un nationaliste « grand russe », La Revue Politique et Parlementaire, 26 mars 2024, https://www.revuepolitique.fr/vladimir-poutine-un-nationaliste-grand-russe/

[3] https://www.facebook.com/reel/1244969523633150

[4] Nicolas Lebourg et Olivier Schmitt, op. cit..

[5] Qui vient de s’exiler en Russie.

[6] Qui est reçu à Moscou en 2008 et à Saint Pétersbourg en 2012.

[7] « Le commandant de l’armée de terre française Pierre Bunel, 46 ans, chef de cabinet du général commandant la représentation militaire française auprès de l’Otan, a été mis en examen samedi à Paris pour «intelligence» avec les Serbes de Yougoslavie. L’officier est soupçonné d’avoir remis à des agents serbes des documents classés secret-défense sur les sites militaires yougoslaves qui auraient été les cibles de frappes aériennes de l’Otan si les forces serbes ne s’étaient pas retirées du Kosovo au moment du dernier ultimatum le 27 octobre. Pierre Bunel a reconnu les faits et affirmé avoir agi par sentiment proserbe, sans contrepartie financière ». orientlejour.com/article/266209/Espionnage_-_Un_officier_francais_inculpe_dintelligence_avec_les_Serbes_Paris_affaibli_a_lOTAN_par_laffaire_Bunel_%28photo%29.html

[8] Citée par Nicolas Lebourg et Olivier Schmitt, Paris Moscou, un siècle d’extrême droite, Paris, Le Seuil, 2024.

[9] Nicolas Lebourg et Olivier Schmitt, op. cit.

[10] Marine Le Pen, Pour que vive la France, Paris, Granger, 2012.

[11] Marine Le Pen a toujours expliqué que le recours à des banques russes était dû au refus des banques françaises ; mais pourquoi les seules banques qui ont prêté l’oreille au RN sont-elles des banques russes ? Quelles sont les contreparties ?

[12] Sources : https://www.mediapart.fr/journal/france/270624/en-marge-du-pret-russe-au-rn-255-000-euros-ont-ete-verses-en-echange-de-positions-pro-poutine ; https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/largent-russe-du-rassemblement-national ; https://www.mediapart.fr/journal/politique/210923/le-rn-solde-son-pret-russe-pas-les-questions-qui-l-entourent ; https://www.mediapart.fr/journal/international/200422/le-financier-de-la-campagne-2017-de-marine-le-pen-est-lie-aux-autorites-russes ; https://www.mediapart.fr/journal/france/041019/un-pret-emirati-de-8-millions-d-euros-sauve-le-rassemblement-national

[13] https://euractiv.fr/news/la-hongrie-nie-avoir-participe-a-loctroi-dun-pret-de-92-millions-deuros-au-parti-dextreme-droite-espagnol-vox/

[14] Source : https://www.bfmtv.com/politique/elections/presidentielle/l-equipe-de-campagne-de-marine-le-pen-dement-la-destruction-de-tracts-ou-elle-pose-avec-poutine_AN-202203010493.html

[15] Et elle déclare en février 2017 à la chaîne américaine CNN «Mais il n’y a pas eu d’invasion de la Crimée, il faut arrêter! ». Elle désavoue les sanctions décrétées par la communauté internationale contre la Russie pour son implication dans les troubles séparatistes et l’annexion de l’Ukraine.Elle condamne le mouvement pro-occidental de la place Maïdan ayant renversé le gouvernement ukrainien en décembre 2013. « Il y a eu un coup d’État en Ukraine. Ce n’est pas seulement mon avis, c’est la réalité, un coup d’État ». https://www.bfmtv.com/politique/quand-marine-le-pen-niait-toute-invasion-de-la-crimee-par-la-russie-a-la-television-americaine_AN-202204120334.html

[16] On remarquera l’absence de l’Ukraine dans la liste. Simple oubli ?

[17] https://rassemblementnational.fr/communiques/communique-de-marine-le-pen-sur-la-situation-en-ukraine

[18] Et François Fillon déclare : « En voulant à tout prix arracher l’Ukraine à l’influence russe, l’Europe a commis une faute historique, (…) mettant à mal tous les espoirs d’intégration de la Russie dans un grand espace économique européen capable de résister à la domination asiatique ».François Fillon, Faire, Paris, Albin Michel, 2015.

[19] https://rassemblementnational.fr/communiques/resolution-du-parlement-europeen-sur-lukraine-le-rassemblement-national-reitere-son-soutien-a-lukraine

[20] Cité par Nicolas Lebourg et Olivier Schmitt, op. cit.

[21] Cette déclaration intervient au moment où le RN hésite quant à la sortie de l’euro ; lors du débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen entre les 2 tours de la présidentielle, cette dernière suggérera la mise en place d’une monnaie de référence, l’écu, par rapport auquel les monnaies nationales seraient indépendantes.

[22] Qui ne sera jamais déposée ; et, à notre connaissance, le RN ne cherchera pas à faire signer cette déclaration.

[23] Voir ici notre article sur les propositions du RN sur l’immigration.

[24] Proposition directement inspirée du Great Reset proposé par le MCC hongrois et l’Heritage Fundation américain (cf. ci-dessous).

[25] Pas européenne.

[26] Cf. ci-dessus.

[27] Alors que toutes les études montrent que la France est globalement bénéficiaire plus que contributrice.

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