Un « sommet pour la remigration » à la droite de l’extrême droite

Par André Viète

18-06-26

Gregory Bovino, Chicago, 28 octobre, 2025.

Credits: Kamil Krzaczynski/AFP/Getty

Dans un article intéressant de « M Le magazine du Monde », Lucas Minisini évoque la participation de l’Américain Gregory Bovino au « Sommet pour la Remigration », un rassemblement international à la droite de l’extrême droite qui s’est tenu près de Porto les 29 et 30 mai derniers. Bovino qui, visiblement, ne gagne pas à être connu est l’ancien patron de ICE, la police de l’immigration américaine, mis à l’écart par Trump après les deux morts de Minneapolis.

L’autre star invitée était Jared Taylor, suprémaciste blanc et leader d’American Renaissance. La police allemande avait bloqué Maximilien Markl, le chef de file des identitaristes germaniques aux marges de l’AfD. Mais l’Autrichien Martin Sellner, le chantre européen de la remigration, et organisateur du précédent sommet de Milan en 2025 était bien là. Il avait rendu hommage à Renaud Camus deux mois auparavant à l’occasion d’une « urgente rencontre » et recevait à Porto, un autre Français de triste réputation qui vient de commettre un opus sur « Remigration ; Pour l’Europe de nos enfants ». Le Gallou, puisqu’il s’agit de lui, a donc pu regrouper la promotion de son propre livre, dûment préfacé par Sellner et celle de la remigration en général.

La remigration dans l’esprit de Le Gallou, n’est rien d’autre que l’expulsion des immigrés, effective et élargie, puisqu’elle s’appliquerait aussi à une partie des « non Européens présents depuis deux ou trois générations sur notre sol ».

La remigration, souvent présentée comme la réponse au « grand remplacement » est un thème qui divise l’extrême droite. Elle est impulsée par les néo-fascistes et la droite de l’extrême droite. En France elle est souvent utilisée pour faire pression sur le Rassemblement national. Renaud Camus, très proche des remigrateurs, préfère tout de même la notion de « décolonisation ». Zemmour avait récupéré la formule vingt jours avant l’élection présidentielle de 2022 avec le succès qu’on a vu ; il parle aujourd’hui d’«immigration négative ». Lorsqu’il avait proposé, au même moment, un « ministère de la remigration », Bardella lui avait rétorqué « Le ministère en charge de gérer l’immigration, ça s’appelle le ministère de l’Intérieur ». Mais c’est évidemment l’expérience américaine de ICE, et la personnalité discutable de Bovino qui ont relancé le thème. L’administration Trump qui n’hésite pas à présenter la politique des Nations Unies comme visant une « migration de remplacement », s’est d’ailleurs dotée en mai 2025 d’un « Bureau de la Remigration ».

C’est un sujet important, qui pourrait malheureusement s’avérer crucial pour de nombreuses personnes, mais qui dévoile aussi les faiblesses profondes, le bluff idéologique, et la division réelle de l’extrême droite. Nous reviendrons dans un article d’analyse pour approfondir la connaissance d’une menace politique qui associe inextricablement injustice et chaos social.

SOURCES

Lucas Minisini, « Gregory Bovino » M Le Magazine du Monde, 13 juin 2026

Interview de Le Gallou à propos de son livre sur Boulevard Voltaire : https://www.bvoltaire.fr/livre-remigration-il-faut-evidemment-privilegier-les-solutions-les-plus-paisibles/

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