Qui sommes-nous ?

Le collectif « Faire Face [à l’extrême droite] » est né de la volonté de quelques citoyens d’empêcher l’arrivée au pouvoir du RN en 2027. Ce projet est totalement indépendant des partis politiques. De nombreuses initiatives, de nombreux groupes poursuivent le même objectif : nous nous en réjouissons et souhaitons coopérer avec eux.

Notre position repose sur quelques constats :

  • Nous considérons que l’arrivée du RN au pouvoir est porteuse de menaces très graves et immédiates pour notre pays et notre peuple : sur l’état de droit et la démocratie ; sur les alliances de la France avec le risque d’un probable renversement ; sur l’unité de la société et de la nation avec la recherche systématique d’une exaspération des conflits.
  • Nous constatons que le succès du RN est favorisé par l’absence quasiment totale de lutte idéologique contre l’extrême-droite de la part des partis politiques supposés la combattre, et, en général, par la faiblesse des arguments mis en avant. Les partis politiques ne savent pas s’adresser aux électeurs du RN. Ils ne les reconnaissent pas ; ils ne débattent pas avec eux. Le RN a dans une certaine mesure gagné la bataille culturelle et donne maintenant le ton aux débats sur l’avenir de notre pays.

Nous sommes conscients qu’un succès véritablement décisif contre le RN dépendra d’une nouvelle proposition politique positive qui reste à construire. Mais, dans l’immédiat, à court terme, c’est l’accession du RN au pouvoir central en 2027 qui doit être arrêtée.

En conséquence, notre contribution consistera d’abord à proposer des informations, des analyses et des arguments à tous ceux qui souhaitent disposer de tels éléments dans leurs discussions avec leurs proches, leurs collègues, leurs voisins ou amis. C’est sur une telle base que nous essaierons de peser dans le débat public.

Nous nous adresserons d’abord aux personnes déjà entrées dans l’opposition effective à l’extrême-droite, aux personnes convaincues opposées au RN, mais passives ou dans l’attente, et aux personnes opposées au RN mais qui se détournent de la politique, et s’abstiennent.

Mais nous aurons soin de nous adresser aussi aux personnes habituellement opposées au RN, mais de plus en plus influencées par ses idées au point de pouvoir basculer dans son camp, et aux personnes déjà sous influence du RN mais susceptibles de se démotiver à court terme.

Nous mettrons nos informations, analyses et arguments à la disposition des autres collectifs et groupes engagés dans le combat contre l’extrême droite. Nous relaierons leurs initiatives.

En ce sens, le collectif « Faire Face [à l’extrême droite] » forme un centre de ressources, dont toutes les contributions sont libres de droits.

Pour nous, il ne s’agit pas de crier au « fascisme », comme si cette formulation permettait de faire l’économie d’une analyse politique spécifique, préalable à la caractérisation.

Nous définissons le Rassemblement National comme un mouvement d’extrême-droite du 21ème siècle, c’est-à-dire à la fois inscrit dans une continuité historique depuis le XIXème siècle, et nécessairement différent des politiques monstrueuses qui ont marqué le XXème siècle. Mais, si un extrémiste de droite de 2021 ne ressemble pas à un fasciste d’avant-guerre – c’est tout l’objet de la « dédiabolisation » – cela n’en fait pas un démocrate pour autant.

On aurait tort, d’ailleurs, de s’imaginer que notre époque serait immunisée contre de nouvelles formes exaspérées d’extrémisme de droite. Le développement du courant des néo-réactionnaires américains, proches du pouvoir et qui veulent marquer l’Europe de leur influence, le démontre.

Aucune analyse politique ne permet de prévoir où se situerait exactement le pouvoir exercé par l’extrême-droite en France : plus proche du mélonisme comme union des droites, des néo-réactionnaires américains, de l’autoritarisme populiste anti-démocratique d’Orban ?

C’est dire que le combat contre l’extrémisme de droite sera nécessairement un combat intellectuel, un combat d’idées pour comprendre notre époque et notre société.

Nous voulons mettre en lumière les menaces qu’emporterait l’arrivée du RN au pouvoir sur l’état de droit, les libertés publiques et la démocratie : réforme du Conseil Constitutionnel (tirage au sort de ses membres), supériorité de la loi nationale sur les traités, vision ethnoraciale et organique de la nation avec ses conséquences sur l’immigration, réécriture des manuels scolaires, création d’un délit de harcèlement par voisinage (ce qui n’est pas autre choses qu’un appel à la délation), fin des subventions aux associations, suppression de l’audiovisuel public, présomption de légitime défense pour les policiers et les gendarmes…

« Nous devons réfléchir à un délit de harcèlement de voisinage. Ceux qui sont les auteurs de nuisances répétées pourrissent la vie des gens, et attentent à la tranquillité et à la sérénité des gens. » Marine le Pen à La Valette du Var, 26 février 2026

 « Affiches » sur l’Instagram du RN et déclaration de Marine Le Pen.

Nous voulons souligner le danger que le RN au pouvoir constituerait pour les positions de la France sur le plan international : renversement des alliances avec un rapprochement avec la Russie de Poutine, la Hongrie de Victor Orban, les Etats-Unis de Trump et l’Italie de Meloni, et une prise de distance avec l’Union Européenne, menaces sur l’indépendance nationale.

L’internationalisation de l’extrême droite est pour nous une donnée importante de son évolution. Les porosités organisationnelles, les proximités idéologiques, les accointances partisanes sont instrumentalisées par les états ; mais elles peuvent aussi influencer les relations entre pouvoirs étatiques.

A cet égard, Le RN peut certainement être considéré comme un « parti de l’étranger » : son nationalisme, tonitruant à l’égard des immigrés, cache mal un certain penchant à la soumission à des gouvernements ou des mouvements étrangers, cela dans une continuité historique évidente de l’extrême droite en France. Il est d’ailleurs difficile de ne pas voir que, parmi ces états étrangers dont le RN se sent proche, figurent certains des principaux ennemis ou adversaires de la France.

La politique xénophobe et raciste que le RN entend mener au pouvoir pointe une menace grave de chaos social. Des mesures de limitation de l’immigration, d’éloignement des étrangers délinquants, de lutte contre l’islamisme, qui devraient pouvoir être discutées dans le cadre de l’état de droit, sont dévoyées pour construire et mettre au centre de la vie sociale cette relation d’hostilité caractéristique de l’extrême-droite entre un peuple défini comme une entité ethnoraciale et l’élément étranger au sein de ce peuple.

Nous ne voulons pas voir la nation broyée et reconfigurée par cet antagonisme entre « nationaux » d’extrême-droite et « Anti-France ». Nous combattons cette tradition xénophobe et raciste qui s’est construite historiquement autour de l’Affaire Dreyfus, la Collaboration, la Guerre d’Algérie. L’expérience américaine actuelle, avec les exactions de l’ICE, indique clairement quelles seraient les conséquences d’un tel processus : le chaos, l’autoritarisme, les discriminations.

Nous voulons enfin expliciter les enjeux du nouvel ordre culturel et informationnel que l’extrême-droite veut mettre en place. Cette question est particulièrement sous-estimée et fait même l’objet d’une véritable dénégation dans les médias et le monde intellectuel et culturel.

Le FN puis le RN ont d’abord poursuivi une politique de conquête de l’hégémonie culturelle et idéologique, laquelle fut établie il y a une dizaine d’années. La dédiabolisation consistait essentiellement à extérioriser l’idéologie par rapport au mouvement : c’est ainsi que le « grand remplacement » fut orchestré par des auteurs comme Raspail et Camus. Récemment on a pu assister à la mise en place progressive d’un « écosystème » d’extrême droite, autour des « galaxies » Bolloré et Stérin qui contrôlent aujourd’hui une bonne partie de la presse, des médias audiovisuels, de l’édition, des « instituts de formation ».

L' »Affaire Grasset » montre que le processus de mise en ordre d’une information et d’une culture d’extrême-droite est d’ores et déjà lancé : il serait illusoire de s’imaginer qu’il va s’arrêter à quelques mouvements de personnes, promues ou écartées. Pour l’instant, le nom de code de cette culture d’extrême-droite est : une « culture populaire et enracinée ».

Dans un premier temps, nos efforts seront centrés sur le débat d’idées, et la proposition d’informations, d’analyses et d’arguments.

Mais nous voulons aussi être présent dans l’action : nous participerons à toutes les initiatives qui s’opposeront de façon cohérente au RN et à ses « rabatteurs » (Zemmour et autres), nous prendrons de telles initiatives et nous nous associerons aux collectifs qui se sont constitués ou qui se constituent ici ou là.

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