Marine Le Pen en soutien à son ami Orban

26/03/26

Deux événements étaient organisés récemment à Budapest pour démontrer aux électeurs hongrois, appelés à voter aux législatives le 12 avril prochain, que Viktor Orban, bien qu’en difficulté dans les sondages, n’était pas isolé sur la scène internationale.

Samedi 21/03 : une conférence de la Conservative Political Action Conference (CPAC), une organisation trumpienne du Parti républicain américain. Lundi 23 : une grande assemblée des « Patriotes pour l’Europe ». Marine Le Pen était absente le samedi ; on se souvient que l’année dernière, Bardella avait annulé son intervention à la réunion américaine du même CPAC, suite à un salut nazi de Steve Bannon.

Lundi, en revanche, Marine Le Pen a retrouvé tous ses amis anti-Europe du Parlement européen : l’espagnol Abascol (Vox), le néerlandais Geert Wilders, Matteo Salvini, qu’elle préfère tellement à Meloni.

Les Hongrois commencent à trouver un peu élevé le prix des caprices autoritaires d’Orban, qui prive la Hongrie de milliards d’Euros de subventions européennes.

Marine Le Pen a qualifié Orban d’«ami», de « visionnaire et, surtout, un pionnier », et l’a soutenu sur toutes ses positions anti-européennes, notamment le blocage du prêt européen de 90 milliards d’Euros à l’Ukraine. On sait que, par ailleurs, le Washington Post a révélé que Peter Szijjarto, ministre hongrois des affaires étrangères, avait systématiquement rapporté à son homologue russe, Serge Lavrov, le contenu des négociations au sein du Conseil de l’Union européenne.

Double relais de Trump et de Poutine, traître au mouvement démocratique hongrois, Viktor Orban est objectivement, au minimum, un adversaire de la France. Tout cela n’arrête pas son amie et alliée, Marine Le Pen, qui n’hésite pas à faire passer ses intérêts de parti avant les intérêts nationaux.

En 2022, Marine Le Pen, quelques semaines avant l’agression russe contre l’Ukraine, préconisait un retournement d’alliances de la France favorable à la Russie. Elle avait dû alors replier en catastrophe le chapitre « politique étrangère » de son programme pour les présidentielles. Quatre ans plus tard, elle récidive. Le véritable sens de son soutien à Orban ne serait-il pas qu’elle espère du Hongrois qu’il acceptera de porter ses deux messages : l’un à Poutine (« Je n’ai pas changé »), l’autre à Trump (« Les Français sont susceptibles ; je dois simuler une certaine indépendance ») ? Ce qu’elle appelle « l’équidistance avec les grandes puissances ».

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